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 Livre Premier - Partie I - La Création

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aurelien87



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MessageSujet: Livre Premier - Partie I - La Création   Dim 31 Oct - 0:16

Table des matières :

I : L'univers
II : La vie
III : Les créatures
IV : Le doute
V : La réunion
VI : La question
VII : L'amour
VIII : La décision
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aurelien87



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MessageSujet: Re: Livre Premier - Partie I - La Création   Dim 31 Oct - 0:16


Création I : L’univers


Au commencement, il n’y avait que Dieu.

Il n’y avait encore ni matière, ni énergie, ni mouvement. Il n’y avait même pas le vide, comme celui qui aujourd’hui sépare le monde des étoiles, car même le vide est quelque chose. Non, ce qui Le composait alors, c’était le Néant. Cela ne se définit pas comme l’absence de tout chose car, lorsque l’on dit de quelque chose qu’il est absent, nous avons conscience de la possibilité de son existence. Le Néant, c’est lorsque même l’idée de l’existence est impossible. Sauf pour Dieu.

Mais Dieu est supérieur à tout, y compris au Néant. Il n’a pas de commencement ni de fin. Il est donc l’Infini et l’Eternel. Il est l’Être Parfait, sur qui rien n’a de prise, rien ne peut agir, rien ne peut interférer. Il Lui suffit d’une simple pensée pour que quelque chose passe du Néant à l’Existence et d’une autre simple pensée pour que cela retourne de l’Existence au Néant. Tout Lui est donc possible et tout Lui doit donc son existence.

Dieu est la Matière Première à partir de laquelle tout est créé. La matière, l’énergie, le mouvement et le temps sont eux-même composés de Lui. Ceci fait que tout ce qui existe, ainsi que le Néant lui-même, fait partie de Lui. Il est aussi le Créateur de toutes choses. C’est Lui qui crée tout ce qui existe et lui donne sa forme et son contenu. Il est enfin le Très Haut, car Il est la cause même de l’existence de toutes choses, y compris du Néant.

De ce fait, Dieu sait tout, car le savoir même fait partie de Lui, est créé par Lui et trouve sa cause en Lui. On dit ainsi qu’Il est omniscient. De plus, Il est partout car, aussi loin que l’on aille, on se trouve toujours en Lui. On le qualifie donc d’omniprésent. Enfin, Il peut agir partout car, étant partout et sachant tout, rien ne peut entraver Son action.

Dieu pensa et un point minuscule apparut. Ainsi, par la création de cet unique minuscule point, Il venait de faire disparaître le Néant. Dorénavant, Il serait composé de l’Existence et du vide, mais plus du Néant. Il décida de nommer ce point minuscule “univers” et le fit exploser en une myriade d’étoiles, qui vinrent peupler le vide. Jamais plus, elles ne cessèrent de resplendir au firmament céleste.

Alors Dieu créa les deux mouvements: les choses lourdes iraient vers le bas et les choses légères vers le haut. Il créa également les quatre éléments. Le plus lourd était la terre. Puis venaient l’eau, le vent et le feu. Il les disposa dans l’ordre hiérarchique de leur pesanteur. La terre se trouvait donc au centre. Elle fut recouverte par l’eau, elle-même recouverte par l’air. Enfin, le plus léger des éléments, le feu, vint couvrir le tout.

Cette boule de matière, Dieu la nomma Monde. Afin que mouvement se fasse, Il entreprit de défaire l’ordre hiérarchique des éléments. Il plaça le feu au centre de la terre et l’eau dans le ciel, au-dessus de l’air. Les éléments bougeaient, alternant ordre et désordre, retournant systématiquement du désordre à l’ordre. Dieu se plaisait à voir comment Sa création se mouvait pour correspondre à l’ordre hiérarchique de leur pesanteur.

Spyosu


Citation :
Book of the Creation
Chapter I - « The Universe »



In the beginning, there was only God.

There was neither matter, nor energy, nor movement. There was not even the vacuum, that which separates the world from the stars, because even the vacuum is something. Nothing. There was not even the absence of something because, when one says that something is missing, we are aware of the possibility of that thing's existence. Nothingness is when even the idea of existence is impossible. Except for God.

But God is higher than all, including nothing. He does not have a beginning or an end. He is thus the Infinite one and the Eternal. He is Perfection, on which nothing can take hold, nothing can act, and nothing can interfere. It is, for Him, no more than a simple thought for something to pass from Nothingness into Existence, and another simple thought to pass from Existence to Nothing. All is thus possible for Him and everything that is thus owes Him its existence.

God is the Raw material from which all is created. Matter, energy, movement, and time are themselves composed of Him. All that exists, as well as nothing itself, belonged to Him from the beginning. He also is the Creator of all things. It is He that creates all that exists and gives it its form and its contents. He is finally Most High, because He is the cause of the existence of all things, including nothing.

God knows all, because knowledge itself belonged to Him, is created by Him and finds its cause in Him. One must say thus that He is omniscient. Moreover, He is everywhere because, as far as one goes, one is always in Him. God is thus qualified as the omnipresent one. Lastly, He can act everywhere; because, being everywhere and knowing all, there is nothing and no absence of anything that can block His action.

God thought and a tiny point appeared. Thus, by the creation of this single tiny point, God both created and thereafter dispersed Nothing. Henceforth, He would compose the Existence and the vacuum, but no more of nothing. God decided to name this tiny point “Universe” and exploded in it a myriad of stars, which populated the vacuum. Never since have they ceased to sparkle from within the celestial firmament.

Then God created the two movements: the heavy things would go to the bottom and the light things upwards. He also created the four elements. Heaviest was the ground. Then water, wind, and fire came. He laid them out in the hierarchical order of their gravity. The ground was thus in the centre. It was covered by the water, which was itself covered by the air. Lastly, lightest of the elements, fire, came to cover the whole.

This matter ball, God named "World." So that the movement would be done, God undertook to demolish the hierarchical order of the elements. He placed fire in the centre of the ground and water in the sky, above the air. The elements moved, alternating order and disorder, systematically turning over disorder to the order. God enjoyed seeing how His creation was driven to correspond to the hierarchical order of their gravity.


Spyosu



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aurelien87



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MessageSujet: Re: Livre Premier - Partie I - La Création   Dim 31 Oct - 0:17

Création II : La vie

Mais Dieu était parfait, alors que Sa création était imparfaite. Alors qu’Il était conscient de Lui-même, Sa création ne pensait pas. Alors qu’Il choisissait ce qu’Il faisait, Sa création ne faisait que s’adapter. Alors qu’Il était capable de créer, Sa création ne faisait que se suffire à elle-même. Alors qu’il voulait aimer Sa création et être aimé d’elle en retour, elle en était incapable.

Dieu réunit alors l’amour qu’Il avait en Lui. Il en fit l’esprit, qui ne pouvait être ni touché, ni vu, ni senti, ni goûté, ni entendu, car il était différent de la matière. L’esprit contenait l’intelligence, composée de la raison et des sentiments. Dieu y en avait mis le plus de Lui-même: la capacité de choisir et celle de ressentir. Le Très Haut associa la matière à l’esprit, pour que ce dernier puisse exister en harmonie avec le monde, et nomma le tout “vie”.

Mais la vie était imparfaite. Bien que créée par Dieu et composante de Lui, elle n’était pas Lui tout entier. Sa capacité de choisir était partielle, car son savoir et son pouvoir n’était pas illimités. Sa capacité de ressentir était tronquée, car elle était composée de matière, neutre et impersonnelle. Mais Dieu voulait aimer la vie et que la vie l’aime en retour.

Mais, pour que Dieu et la vie puissent s’aimer mutuellement, il fallait que cette dernière s’efforce constamment de se rapprocher de la perfection divine. Car elle était incapable de l’égaler. Le Très Haut créa donc le troisième mouvement: les choses supérieures iraient vers Dieu. Ainsi, la matière dont la vie était composée étant une chose lourde, elle fut posée sur le monde, car elle allait vers le bas. Mais, comme elle était aussi composée d’esprit, qui était une chose supérieure, elle tendrait vers la perfection divine.

Et sur le monde, la vie prit une multitude de formes, des plus petites aux plus grandes. Les végétaux s’emplissaient de la lumière des étoiles, couvrant ainsi le monde d’une couche de verdure. Les animaux gambadaient ou voletaient entre les végétaux. Ainsi, alors que Dieu semblait immobile, la vie se manifestait par un mouvement incessant. En effet, Dieu, étant éternel, n’était pas soumis à ce besoin perpétuel de mobilité qui faisait que la vie était sans cesse en activité. Il paraissait ainsi être immobile. Mais c’est cette action ininterrompue que Dieu aimait par dessus tout observer dans Sa création.

Mais Dieu n’avait pas conçu le mouvement de la vie comme une force infinie et, pour qu’il se perpétue, il fallait que l’animal broute le végétal, que le prédateur dévore la proie, et que les cadavres d’animaux pourrissent pour nourrir les végétaux. Ainsi, la mort faisait partie intégrante de la vie. Mais, pour que cela ne détruise pas Ses créatures, Dieu partagea chaque espèce en deux principes complémentaires, qu’il appela masculin et féminin. Tous deux étaient égaux et devaient se rechercher pour s’unifier, et ainsi perpétuer la vie.

Ainsi, de la vie Dieu créa le temps, où la mort succède à la vie, la vie à la mort, et la progéniture à ses géniteurs. De même, l’eau rejoignait le ciel pour descendre sur terre et alimenter les rivières, et le feu sortait des volcans pour alimenter la terre, qui s’accumulait pour nourrir le feu en son sein. Le monde tout entier était uni dans un mouvement perpétuel de vie, alors que Dieu paraissait immobile, échappant aux contraintes du temps.

Spyosu


Citation :
Book of the Creation
Chapter II - « The Life »



God was perfect; His creation was imperfect. He was conscious of Himself; His creation did not think. He chose what He did; His creation only adapted to its circumstances. He was able to create; His creation only did what was necessary to survive. He wanted to love His creation and be loved by it in return; His creation was unable to love.

God then joined together the love that He had in Him. He made of it the spirit, which could not be touched, or seen, or felt, or tasted, or heard, because it was different from the matter. The spirit contained the Intelligence, made up of the reason and the feelings. God put there more of Himself: the capacity to choose and to feel. God associated the matter with the spirit, so that this last could exist in harmony with the world, and named the whole “Life.”

But life was imperfect. Although created by God and component of Him, it was not Him entirely. Its capacity to choose was partial, because its knowledge and its capacity were not unlimited. Its capacity to feel was truncated, because it was made up of matter, neutral and impersonal. But God wanted to love the life, and wanted that the life should love Him in return.

In order for God and life to love each other, it was necessary that the latter constantly endeavor to approach the divine perfection. Because life was unable to equal this perfection, the Most High thus created the third movement: the higher things would go towards God. Thus, the matter of which the life was made up, being a heavy thing, was possessed of the world, because it went downwards. But, as it was also made up of spirit, which was a higher thing, it would tend towards the divine perfection.

And on the world, life took a multitude of forms, from smallest to the largest. The plants filled themselves with the light of stars, thus covering the world with a layer of greenery. The animals rambled or fluttered between the plants. Whereas God seemed motionless, the life appeared to be in ceaseless movement. Indeed, God, being eternal, was not subject to this perpetual need for mobility, as the life, which must be unceasing in activity. He thus appeared to be motionless. But it was this uninterrupted action that God liked over all to observe in His creation.

But God had not conceived the movement of the life like an infinite force and, so that it continues, it was necessary that the animal eats the plant, that the predator devours the prey, and that the corpses of animals should rot away to nourish the plants. Thus, death formed an integral part of life. But, so that death should not destroy His creatures, God divided each species into two complementary forms, which were called masculine and feminine. Both were equal and were to seek each other and unite, and thus to perpetuate the life.

Thus, of the life God created time, when death succeeds the life, the life succeeds death, and the offspring follows his parents. In the same way, water joined the sky to go down on the ground and to feed the rivers, and fire left the volcanoes to feed the ground, which accumulated to nourish fire in its centre. The entire world was plain in a perpetual motion of life, whereas God appeared motionless, escaping the constraints of time.


Spyosu



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aurelien87



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MessageSujet: Re: Livre Premier - Partie I - La Création   Dim 31 Oct - 0:17


Création III : Les créatures


Un groupe de ces créatures composant la vie décida de parcourir le monde pour découvrir les autres espèces, tant animales que végétales. Tous prirent leurs affaires sur leur dos et parcoururent le monde, poussés par la soif de découverte qui leur avait fait prendre cette décision.

Ils arpentèrent donc le monde. Ils grimpèrent sur des collines verdoyantes et de gigantesques montagnes. Ils traversèrent des ravins, burent dans des rivières, se reposèrent dans des prairies. Ils dégustaient tout ce que la vie avait à donner de plus beau et doux. Ainsi, ils goûtèrent à la saveur du miel et des fruits. Ils s'enivrèrent de la senteur des fleurs. Ils admirèrent les aurores boréales et les arcs-en-ciel.

Dieu, dans son infinie perfection, avait fait de la vie une merveille, un délice pour ceux qui savaient la déguster. Mais toutes les créatures ne savaient pas apprécier ce cadeau à sa juste valeur. Ainsi, le petit groupe fut surpris à chaque fois qu’il rencontra de nouvelles espèces. Chacune d’elles était dotée de talents qui les rendaient uniques. Ainsi, le petit groupe pouvait admirer à quel point Dieu avait doté la vie d’une infinie variété de richesses. Chaque espèce était l’occasion pour chacun d’entre eux d’en admirer les particularités.

Ainsi, ils rencontrèrent des vaches. Celles-ci, broutant placidement l’herbe, donnaient la tétée à leurs petits. Plus loin, ils passèrent près d’une plaine recouverte de blé, ondulant sous la brise, et croisèrent la route de nombreux moutons au doux pelage blanc, qui broutaient eux aussi paisiblement. Continuant de cheminer à travers le monde, ils entendirent le chant joyeux des oiseaux. Levant les yeux au ciel, ils les virent virevolter sous les doux nuages couleur de crème, alors que le ciel d’azur était enluminé par l’astre solaire.

Ils s’arrêtèrent un moment pour déguster des légumes goûteux, rivalisant de formes, de senteurs et de saveurs. Pendant leur repas, ils purent suivre les galopades de plusieurs chevaux dont les crinières volaient au vent. Plus loin, ils s’approchèrent d’un lac et virent des poissons jouer à se poursuivre mutuellement. Non loin du rivage avaient pris racine une forêt de gigantesques chênes dont les branches formaient comme un gigantesque dôme de feuilles vertes.

Plus loin, ils virent un champ de maïs dont les épis se gorgeaient de soleil. Quelques cochons s’y trouvaient, en train de s’en nourrir. Mais toutes ces créatures ne surprenaient pas seulement le petit groupe par la variété de leurs natures, mais également par un aspect commun plus troublant.

En effet, tous avaient comme point commun de se vanter d’être l’espèce préférée de Dieu. Leurs talents étaient la raison qu’ils avançaient tous. Les vaches vantaient leur nombreuse progéniture, les moutons leur laine, les oiseaux leurs ailes, les chevaux leur vitesse, les poissons leur possession des mers, le plus grand territoire du monde, les chênes leur longévité sans égal, le blé, le maïs, les fruits et les légumes leurs goûts et leurs senteurs variés, le cochon sa force...

Spyosu


Citation :
Book of the Creation
Chapter III - « The Creatures »



A certain group of creatures, only a small part of the life, decided to traverse the world in order to discover other species, animal as well as vegetable. All took their belongings on their backs and traversed the world, led by the thirst for discovery that had caused them to make this decision.

In this manner, they surveyed the world. They climbed green hills and gigantic mountains. They crossed ravines, drank from rivers, and rested in meadows. They sampled all that the life had to offer, moreover, in beauty and ease. Thus, they tasted of honey and fruits. They were intoxicated by the scent of the flowers. They admired the aurora borealis and the rainbows.

God, in His infinite perfection, had made life a wonder, a delight for those that could taste it. But not all the creatures could appreciate this gift with its right value. Thus, the small group was surprised each time it met new species. Each group of them was equipped with talents that made them unique. Thus, the small group could admire how God had equipped the life with an infinite variety of richness. Every new species they discovered was an occasion for them to admire again the characteristics of all creation.

Thus, they met cows, placidly grazing on grass, giving milk to their young. Further, they passed close to a plain covered with wheat, undulating under the breeze, and crossed the path of many sheep, soft and white, which gazed at them peacefully. Continuing to walk on throughout the world, they heard the merry song of the birds. Raising their eyes to the sky, they observed them to circle under the soft clouds the colour of cream, whereas the solar star illuminated the azure sky.

They stopped to taste various vegetables, all different in form, scent, and flavor. During their meal, they could hear the galloping of several horses whose manes flew in the wind. Further, they approached a lake and came upon fish playing and chasing each other through the water. Not far from the shore had taken root a forest of gigantic oaks whose outstretched branches were like a gigantic dome of green sheets.

Further, they came to a cornfield whose ears were gorged by the sun. Some pigs were there, nourishing themselves. But all these creatures did not surprise the small group merely by the variety of their natures, but also by a more disconcerting common aspect.

Indeed, all creatures thought themselves to be the preferred species of God. Each advanced their own special talent as the reason for their special favour. The cows praised their many offspring, the sheep their wool, the birds their wings, the horses their speed, the fish their possession of the seas, the largest territory of the world, the oaks their unequaled longevity, the corn, the fruits and the vegetables their varied tastes and scents, the pig its might…


Spyosu



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aurelien87



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MessageSujet: Re: Livre Premier - Partie I - La Création   Dim 31 Oct - 0:17


Création IV: Le doute


Le petit groupe décida de s’arrêter un moment. Ils s’installèrent sur une colline verdoyante, où poussaient de superbes fleurs que les abeilles venaient butiner. Une légère brise venait courber l’herbe. Les oiseaux chantaient. Les étoiles venaient éclairer les créatures pendant qu’elles posaient leurs sacs à terre et s’asseyaient en cercle. L’ambiance était maussade, car elles se posaient toutes la même question.

Toutes les espèces qu’elles avaient rencontré était doté d’un talent particulier. Les vaches, créatures qui broutaient placidement l’herbe, avaient une nombreuse famille. Les moutons avaient une laine douce et volumineuse. Les ailes des oiseaux leur servait à parcourir le monde en volant. Les chevaux, nobles et fougueux animaux, galopaient à la vitesse de l’éclair. Les poissons étaient les maîtres des vastes océans. Les cochons étaient puissants et farouches.

Même les végétaux étaient dotés de talents uniques. Les chênes étaient dotés d’une longévité qui n’avait rien à envier à leur taille. Le blé se multipliait à l’envie, couvrant de larges territoires. Le maïs avait ses épis, gorgés de vie. Les fruits avaient un délicieux goût sucré et les légumes des senteurs appétissantes. Et le petit groupe s’interrogeait. Mais pourquoi leur espèce n’avait-elle aucun talent particulier?

Certes, les créatures du petit groupe avaient des mains, mais leur force n’égalait pas celle du cochon. Certes, elles avaient des jambes, mais elles ne les amenaient pas aussi loin que les oiseaux et pas aussi vite que les chevaux. Certes, elles pouvaient procréer, mais pas autant que les vaches ou le blé. Certes, certaines étaient barbues, mais c’était une bien piètre consolation comparé à la volumineuse laine des moutons.

Certes, elles étaient pleines de vie et de santé, mais bien moins que le maïs, les fruits et les légumes. Et elles n’osèrent même pas se comparer à la longévité et à la taille des chênes. Toutes ces créatures, animales comme végétales, avaient de sérieux arguments pour affirmer, tel qu’elles le faisaient, qu’elles étaient les préférées de Dieu. Leurs talents étaient uniques. Alors, le petit groupe essaya de se trouver un talent qui était propre à son espèce.

Son espèce se tenait debout. Mais quel avantage cela lui donnait? “Aucun”, répondirent de concert tous les membres du groupe. Leurs mains leur servaient à construire des outils, mais c’était pour compenser le manque de griffes ou d’autres organes. Ainsi, leur estomac était si faible qu’il leur fallait cuire la viande pour la manger. Et leurs yeux étaient si peu perçants, contrairement aux chats ou aux hiboux, qu’il leur fallait s’éclairer dans le noir. Leur fourrure était si peu épaisse qu’ils devaient s’abriter lorsque la pluie, la neige ou la grêle tombaient ou lorsque le vent soufflait trop fort.

Faisant ce sinistre constat, les créatures du petit groupe se mirent à pleurer. Ils étaient persuadés que leur espèce était le moins aimée de Dieu, qu’Il les méprisait, qu’ils étaient la lie de Sa création. Un silence pesant s’était installé, alors que tous se regardaient mutuellement, chacun cherchant dans les regards des autres une réponse à ses questions. Mais ces regards ne portaient aucune réponse. Ils étaient juste dégoulinants de larmes.

Mais l’un d’eux était resté à l’écart du groupe. Il regardait vers les étoiles. Tous les membres du groupe le négligeaient, le considérant comme un faible d’esprit. Il leur répondait souvent “Heureux les pauvres en esprit...”, mais ne savait que rajouter à cette réplique. Pourtant, de tous, il était le seul à se demander ce que Dieu désirait, au lieu de se plaindre de son sort. Cet homme s’appelait Oane.

Spyosu


Citation :
Book of the Creation
Chapter IV - « The Doubt »



1 The small group decided to stop for a moment. They were installed on a green hill, where beautiful flowers grew, and from which the bees came to gather nectar. A light breeze swept by, lightly curving the grass. The birds sang. The stars came to light the creatures while they set aside their possessions and sat down in a circle. Their collective mood was gloomy, because they all pondered the same question.

2 Each of the many species that they had met were equipped with a particular talent. The cows, creatures that grazed grass placidly, had a large family. The sheep had soft and bulky wool. The wings of the birds were used to traverse the world while flying. The horses, noble and impetuous animals, galloped at the speed of lightning. The fish were the masters of the vast oceans. The pigs were powerful and savage.

3 Even the plants were equipped with singular talents. The oaks were equipped with a longevity rivalled only by their grand size. The wheat multiplied tremendously, covering broad territories. The corn had its ears, gorged with life. The fruits had a delicious sweetened taste and the vegetables also their appetizing scents. And the small group of creatures questioned themselves. Why didn’t their species have any particular talent?

4 Admittedly, the creatures of the small group had hands, but their strength did not equal that of the pig. Admittedly, they had legs, but these also did not carry them as far as the birds or as quickly as the horses. Admittedly, they could procreate, but not so rapidly as the cows or the wheat. Admittedly, some were bearded, but this was quite small comfort compared with the bulky wool of the sheep.

5 Admittedly, they were full with life and health, but much less so than the corn, fruits and vegetables. And they did not even dare to compare themselves with the longevity and the size of the oaks. All these creatures, animal and vegetable, had serious arguments to make, such as they made it, that they were preferred by God. Their talents were singular. Then, the small group tried to discover a talent that was specific to their species.

6 Its species was held upright. But what advantage did that gave him? “None,” in concert all the members of the group answered. Their hands were used to build tools, but what was this to compensate for the lack of claws or other bodily adaptations? Their stomachs were so weak that they had to cook the meat to eat it. And their eyes were not so very piercing, compared to the cats or the owls, so that it was necessary for them to light the darkness to see. Their fur was not very thick, which required them to seek shelter when the rain, snow, or hail fell, or when the wind blew too extremely.

7 Making this disaster report, the creatures of the small group began to cry. They were convinced that God disliked their species, that He scorned them, that they were the dregs of His creation. A heavy silence had settled, whereas all were looked at mutually, each one seeking in the look of the others an answer to its questions. But these glances did not carry any answer. They were just oozing tears.

8 But one of them had remained apart from the group. He looked towards the stars. All the members of the group neglected him, regarding him as weak in spirit. He often answered them “Happy are the poor in spirit…” but could not add to this counterpart. However, of all of them, he was the only one to wonder what God wished, instead of complaining about his fate. This man was called Oane.

Spyosu



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aurelien87



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MessageSujet: Re: Livre Premier - Partie I - La Création   Dim 31 Oct - 0:18


Création V : La réunion


Dieu regardait, ému, le petit groupe de créatures qui pleurait. Elles se sentaient abandonnées de Lui, car elles n’étaient pas dotées de talents particuliers. Elles en étaient venues à croire qu’Il les détestait, alors qu’Il aimait chacune de Ses créations. Elles faisaient partie de Lui et les détester reviendrait à haïr une part de Lui. Il avait créé l’univers, le monde et la vie pour pouvoir les aimer, et Il les aimait.

Par à cet amour, Dieu avait doté chaque espèce de créatures composant la vie de talents afin qu’elles trouvent toutes leur place dans Sa création. Mais ce magnifique cadeau restait invisible aux yeux de ce petit groupe membre. Les humains qui le composaient étaient habités par le doute, restant aveugles à Son amour. Leurs larmes étaient sincères mais injustes. Ils ne demandaient qu’à être aimés de Lui, mais ne voyaient pas qu’Il le faisait déjà.

Les autres créatures étaient conscientes de ce cadeau, mais n’en avaient pas compris la raison. Elles s’imaginaient toutes être les seules à être ainsi récompensées. Les unes pensaient que seule la force étaient un cadeau de Dieu. D’autres faisaient la même erreur avec la vitesse, la nombreuse progéniture, la longévité, la laine, la capacité à voler ou encore le territoire qui leur avait été alloué par Lui. Elles s’estimaient donc toutes favorisées de Lui et se croyaient Ses préférées.

Mais cet humain, que les siens appelaient Oane, portait en lui le germe du talent que Dieu avait donné aux siens. Il prenait petit à petit conscience du véritable amour que Dieu portait à Sa création. Il commençait à comprendre que chaque composante de la création était aimée de Dieu, mais ne savait pas encore pourquoi. Il passait son temps à regarder les étoiles, espérant y trouver le Très Haut, mais il ne savait rien de Son omniprésence.

Alors, Dieu décida que le temps était venu de donner sa véritable place dans l’univers à l’espèce dans laquelle se trouvait la seule créature qui comprenait l’amour, seul véritable sens de la vie. Il se dit qu’il fallait éprouver l’amour que Ses créatures avaient pour Lui. Pour ce faire, Il décida de réunir toutes les créatures du monde en un seul endroit et de leur demander ce qu’était la vie. Ce qu’Il ferait d’elles dépendrait de leurs réponses.

Alors, d’une seule pensée de Dieu, toutes les créatures du monde entier furent au courant de la convocation divine. Sans attendre, elles se mirent en route. Il existait une gigantesque plaine verdoyante sur un continent verdoyant. C’était là que le monde entier devait se réunir pour entendre la question divine. C’était là que le sort de l’univers allait se jouer.

Il fallut de nombreuses années pour réunir tant de créatures. Toutes ne survécurent pas à ce long voyage, mais aucune n’avait l’intention de rebrousser chemin. Dieu avait insufflé en elles l’envie irrépressible de venir rejoindre la grande réunion de toute la création. Elles traversèrent les mers, les montagnes, les glaciers, les déserts brûlants et tant d’autres lieux difficiles. Elles continuaient cependant à vivre, à mourir, à se nourrir et à procréer. Mais tout cela en ne cessant jamais d’avancer.

Et enfin vint le jour fatidique où toute la création était réunie.

Spyosu


Citation :
Book of the Creation
Chapiter V - « The Meeting »



1 God looked at the small group of creatures that were crying, and was moved. They felt abandoned by Him, because they were not equipped with unique talents. They had even come to believe that He hated them, whereas He loved each one of His creations with a perfect love. They belonged to Him, and to hate them would have been to hate a part of Himself. He had created the universe, the world, and all life to be able to love them, and He did.

2 By and with this love, God had equipped each species of creatures with talents so that they might each find their special place in His creation. But this splendid gift remained invisible to the eyes of this small group of creatures. These human ones of which the group was composed were inhabited by doubt, remaining blind to His love. Their tears were sincere but unjust. They only asked to be loved of Him, but did not see that He did love them already.

3 The other sorts of creatures were already conscious of their gifts, but had not understood the reason for them. They all thought to be the only ones being thus rewarded. Some thought that only force and power were gifts of God. Others made the same error with speed, their many offspring, longevity, wool, the capacity to fly, or the territory that had been allocated to them by Him. They thus considered themselves alone favored of Him and believed themselves to be His preferred.

4 But this human that was called Oane carried in himself the germ of the talent that God had given to humanity. Gradually, he gained consciousness of the true love that God carried to His creation. He began to understand that each component of creation was loved by God, but did not know yet why. Then he spent his time looking at the stars, hoping to find the Most High, but he did not know anything of God’s omnipresence.

5 Then, God decided that time had come to provide true place in the universe to the species in which could be found a creature who understood love, the only true meaning of life. He thought then that His creatures must prove the love that they have for Him. For this purpose, He decided to join together all the creatures of the world in one single place and ask them what life was. What He would do with them would depend on their answers.

6 So, with only one thought of God, all the creatures of the whole world knew about the divine convocation. Without waiting, they were set on their way. There was a gigantic green plain on a green continent. It was there that the whole world was going to meet to hear the divine question. It was there that the fate of the universe was going to be decided.

7 It took many years to join together so many creatures. Not all survived this long voyage, but none intended to turn back. God had suffused in them the irrepressible desire to come to join the great meeting of all creation. They crossed the deepest seas and highest mountains, the glaciers, deserts and so many of the other difficult places. They nonetheless continued to live, die, eat and procreate, but all that while never ceasing to advance.

8 And finally came the fateful day where all creation was joined together.


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MessageSujet: Re: Livre Premier - Partie I - La Création   Dim 31 Oct - 0:18


Création VI : La question


Ce fut la plus grande concentration de créatures qui ait jamais eu lieu.

Elles étaient plusieurs milliards à s’être réunies sur la même gigantesque plaine. Elles se côtoyaient sans la moindre animosité. Les loups attendaient auprès des moutons, les chiens auprès des chats, les aigles auprès des mulots et les lions auprès des gazelles. On y voyait même des végétaux. Ainsi, les chênes, sapins, peupliers, oliviers, pommiers, dattiers et autres arbres formaient la plus gigantesque forêt qui soit. Les fleurs, les légumes, les fruits, le blé et le maïs étaient aussi présents. La gigantesque plaine était un véritable sanctuaire pour toute la vie, car elles attendaient toutes patiemment que Dieu viennent à elles pour leur poser la question.

Alors gronda le tonnerre, les nuages s’écartèrent et une douce lumière se fit dans l’espace ainsi dégagé dans le ciel. Parmi les créatures, un grand silence se fit. De la lueur céleste, une voix grave, pénétrante, mais douce et sereine se fit entendre. Alors, la voix dit: “Ecoutez-Moi, vous que J’ai conçu, car Je suis votre Dieu. Sans Moi, vous n'existeriez pas, et à Moi, vous devez fidélité.”

Dieu ajouta: “Nombre d’entre vous se disent Mes préférés, mais jamais Je n’ai jusqu’alors donné de préférence quelque créature que ce soit. Alors, le temps est venu que Je change cela. Le temps est venu que Je fasse un choix parmi Mes créatures. Le temps est venu que Je nomme une espèce parmi vous “Mes enfants”. Pour faire ce choix, Je vais vous poser une unique question.”

Dieu leur demanda donc: “Vous vivez grâce à Moi, car Je suis votre créateur. Vous vous nourrissez, vous vous reproduisez, vous élevez votre progéniture. Mais vous ne savez pas pourquoi vous vivez. Selon vous, quel sens ai-Je donné à la vie?”.

La plupart des créatures ne surent que répondre. Elles se regardaient les unes les autres, espérant trouver chez leurs voisines la réponse à cette bien étrange question. On pouvait observer un poisson rester béat, ne sachant que dire, un cheval frottant le sol de ses sabots, un chêne se courbant, cherchant désespérément la réponse à ses racines, et même une colombe se grattant la tête en signe de réflexion.

Mais l’une d’entre elles s’avança. Elle semblait sûre d’elle et de sa réponse. Toutes les autres espèces lui ouvrirent le passage et, bientôt, un espace se dégagea autour d’elle. Elle leva les yeux vers Dieu, mais son regard était plein de suffisance. Elle répondit: “Tu as fait les créatures animées par le besoin de se nourrir. Tu as fait les forts capables de dévorer les faibles. Sans conteste, il s’agit donc d’assurer la domination du fort sur le faible!”.

Elle ajouta: “J’en veux pour preuve que je suis le dernier représentant de mon espèce. Seul le plus fort a survécu parmi les miens! Si Tu me nommes “Ton enfant”, je saurai Te montrer qui, de toutes créatures, doit dominer le monde.”

Elle attendit que Dieu la félicite pour sa réponse, mais en vain. Car Il ne lui répondit pas.

Spyosu


Citation :
Book of the Creation
Chapiter VI - « The question »



1 It was the greatest gathering of the creatures that ever took place.

2 They were several billion to have met on the same stretch of plain. They were gathered there without the least animosity. The wolves waited near the sheep, the dogs near the cats, the eagles near the mice, and the lions near the gazelles. Even the plants were represented. Thus, the oaks, fir trees, poplars, olive-trees, apple trees, date palms and other trees formed the most gigantic forest that has ever been. The flowers, the vegetables, the fruits, the wheat and the corn were also present. The gigantic plain was a true sanctuary for all life, because they all waited patiently for God to come to them.

3 Then the thunder rumbled, the clouds parted, and a soft light with its origins in space lit the sky. A great silence fell over the gathered creatures. Celestial gleam, a serious voice, penetrating, but soft and serene was next heard. The voice made itself understood thus: “Listen to me, you that I conceived, because I am your God. Without Me, you would not exist and to Me you owe all fidelity.”

4 God added: “A number among you have claimed to be My preferred, but never have I hitherto expressed favor towards any of you above any other. The time approaches that I will change this. The time comes that I make a choice among My creatures. The time comes that I will name a species among you to be “My children.” To make this choice, I will ask you a single question.”

5 God thus asked them: “You live thanks to Me, because I am your creator. You nourish yourselves, you reproduce, and you raise your offspring. But you do not know why you live. According to you, what purpose have I given to life?”

6 The majority of the creatures could not answer. They looked one at the other, hoping to find in their neighbors the answer to this quite strange question. One could observe a fish remain happy, knowing nothing to say. A horse rubbed the ground with his shoes. An oak curved, hopelessly seeking the response in his roots. In addition, even a dove scrapes the head in a sign of reflection.

7 But one of them advanced. It seemed sure of itself and its answer. All the other species opened the passage to it and, soon, a space emerged around it. It raised its eyes toward God, but its glance was full with competence. It answered: “You made the creatures animated by the need to nourish themselves. You made the strong able to devour the weak ones. Without question, it is thus a question of ensuring the domination of the strong over the weak!”

8 It added: “I want of proof that I am the last representative of my species. Only the strongest survived among mine! If You name me “Your child,” I will be able to show You who, of all creatures, must dominate the world.”

9 It waited until God congratulated it for its answer, but in vain, because He did not answer it.


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MessageSujet: Re: Livre Premier - Partie I - La Création   Dim 31 Oct - 0:19


Création VII : L’amour


Dieu ne répondit pas à la créature qui avait fait l’apologie de la domination du fort par le faible.

Il se tourna vers un groupe de créatures. C’était justement celui qui faisait partie de l’espèce humaine et qui avait parcouru le monde. Dieu savait que ce groupe se croyait rejeté par Lui. Ces humains pensaient être privés de tout talent. Ils estimaient être mis à l’écart de la création du fait de leur prétendue infériorité. Mais, parmi eux, l’humain qui portait le nom d’Oane détenait, sans en être sûr, la réponse à la question posée par le Très Haut.

Car Oane doutait. Il regardait souvent les étoiles, espérant voir Dieu. Il aimait le Très Haut d’un amour sincère, mais ne savait pas si cela était le véritable sens de la vie. Il voulait bien donner sa réponse, mais il était considéré comme faible d’esprit par son groupe et personne ne voulait le laisser parler. Mais Dieu était omnipotent. Il avait écouté le groupe d’humains se plaindre. Mais surtout, Il avait perçu l’amour et le doute dans le coeur d’Oane.

Alors, depuis le ciel, un rayon de lumière se fit et vint nimber Oane. Toutes les créatures furent ébahies, admirant la douce lumière qui auréolait l’humain. Elles s’écartèrent alors, le laissant seul face à Dieu. Il contempla son corps enluminé d’un regard plein de curiosité. Puis il se tourna vers les membres de son groupe. Pour la première fois de sa vie, il put voir dans leur regard non pas du mépris mais du respect.

Et Dieu lui demanda: “Et toi, l’humain, n’as-tu rien à Me répondre? J’ai ici convoqué toute Ma création pour trouver celui qui donnera la juste réponse à Ma question. Tu es venu et tu n’as pas répondu. Alors, maintenant, Je te somme de le faire!”. Alors, Oane, terrifié par le ton sévère de son créateur, leva les yeux vers Lui et, d’un ton hésitant, dit: “Mais, ô Très Haut, je ne sais si ma réponse est juste...”. Et Dieu lui ordonna: “Parle et je te le dirai!”.

Alors, Oane répondit: “Tu as certes fait Tes créatures se nourrissant les unes des autres. Il leur faut chasser et tuer pour se nourrir. De même, il leur faut se battre pour défendre sa vie. Mais il n’y a pas de fort ni de faible. Personne ne rabaisse ni ne piétine les autres. Nous sommes tous unis dans la vie et nous sommes tous Tes humbles serviteurs. Car Tu es notre créateur.”

“C’est pour cela que Tu as donné des talents plus beaux les uns que les autres à toutes Tes créatures. Chacune d’elles a sa place dans Ta création. Son talent permet à chacune d’elles de la trouver. De ce fait, il n’y a pas de créature préférée de Toi, ô Très Haut. Nous sommes toutes pareillement aimées par Toi et nous nous devons tous t’aimer en retour. Car, sans Toi, nous n’existerions pas. Tu nous a créé alors que rien ne t’y obligeait et nous nous devons de t’aimer pour te remercier de ce geste.”

“Nous sommes certes enchaînées à la matière, certes soumis à ses lois, mais notre but est de tendre vers Toi, l’Esprit Éternel et Parfait. Donc, selon moi, le sens que Tu as donné à la vie est l’amour.” Alors Dieu dit: “Humain, puisque tu es le seul à avoir compris ce qu’était l’amour, Je fais de tes semblables Mes enfants. Ainsi, tu sais que le talent de ton espèce est sa capacité à M’aimer et à aimer tes semblables. Les autres espèces ne savent aimer qu’elles-mêmes.

Spyosu


Citation :
Book of the Creation
Chapiter VII - « Love »




1 God did not answer the creature that had defended the domination of the strong over the weak.

2 He turned to another group of creatures. It was precisely that group composed of the mankind, which had traversed the world. God knew that this group believed themselves to be rejected by Him. These humans thought that they were deprived of any talent. They believed themselves to be the deviants of creation because of their alleged inferiority. However, among them, the human who carried the name of Oane held, though without being sure, the answer to the question raised by the Most High.

3 Because Oane doubted, he often looked at the stars, hoping to see God. He loved God with a sincere love, but did not know if that were the true direction of all life. He wanted to give his answer well, but his group regarded him as weak spirited and nobody wanted to let him speak. But God was omniscient. He had listened to the group of humans complaining. But especially, He had perceived the love and the doubt in the heart of Oane.

4 Then, from the sky, a ray of light shone forth and alighted upon Oane. All the creatures were amazed, admiring the soft light, which haloed the human one. They moved aside then, leaving him alone to face God. He contemplated his illumined body with a glance full of curiosity. Then he turned to the members of his group. For the first time of his life, he could not see in their glance contempt, but only respect.

5 In addition, God asked him: “And you, the human one, don't you have any answer for Me? I convened all My creation here to find that which will give the right answer to My question. You came and you did not answer. Then, now, I summon you to do it!”. Then, Oane, terrified by the severe tone of his creator, raised his eyes towards Him and hesitantly said: “But, Oh Most High, I do not know if my answer is right…” And God ordered to him: “Speak it to me and I will answer you!”

6 Then, Oane answered: “You made certain Your creatures would draw nourishment from each other and provide nourishment to each other. It is necessary for them to drive out and kill to nourish themselves. In the same way, it is necessary for them to fight to defend their lives. Nevertheless, there is none completely strong or any entirely weak. Nobody is always higher or always lower than the others. We all are plain in the life and we are all Your humble servants. Because You are our creator.”

7 “Therefore You gave talents to all Your creatures, each more beautiful than the last. Each one of them has its place in Your creation. Their talents make it possible for each one of them to find that place. So, there is no creature preferred of You, Oh Most High. You similarly love us all in the same way and we all must ourselves love You in return. Because, without You, we would not exist. You created us while nothing obliged You to do so and we must love You to thank You for this gesture.”

8 “We are certainly connected with the matter, certainly subjected to its laws, but our goal is to tend towards You, the Spirit Eternal and Perfect. Therefore, in my opinion, the purpose You gave to life is love.” Then God said: “Human, since you are the only one to have understood love, I make your kind My children. Thus, you know that the talent of your species is its capacity to love Me and to love each other. The other species can love only themselves.”


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MessageSujet: Re: Livre Premier - Partie I - La Création   Dim 31 Oct - 0:19



Création VIII : La décision


Toutes les autres créatures furent surprises de cette décision de Dieu de faire des humains Ses enfants. Elles ne comprenaient pas ce qu’était l’amour et ne pouvaient concevoir que le Très Haut y accorde tant d’importance. Toutes se mirent à chuchoter, espérant que l’une d’elles explique aux autres ce choix divin.

Mais Dieu tourna Sa voix en direction des créatures qui n’avaient pu Lui donner de réponse. Il leur dit: “Vous qui n’avez pas su me répondre, vous qui vous prétendiez Mes créatures préférées. Vos esprits ne seront plus des choses supérieures. Elles ne tendront plus vers Moi. Comme vous serez dorénavant soumis à l’humain, de part votre nature strictement matérielle, je vous prive du langage. Vous bêlerez, meuglerez, grognerez, siffloterez, miaulerez ou aboierez jusqu’à la fin des temps!”.

Puis, Dieu tourna Sa voix en direction de la créature qui avait affirmé la domination du fort sur le faible. Il lui dit: “Puisque tu es si sûre de ton choix, je te laisse l’occasion de le prouver. Tu conserveras ton esprit, mais ton corps sera fait d’ombre. Ainsi, tu vivra, seul, côtoyant les humains, jusqu’à ce que Je te délivre de ta peine. Ainsi, personne ne te verra et personne ne te nommera, car J’ai Moi-même décidé de ne pas le faire.”

Dieu tourna ensuite Sa voix en direction d’Oane et lui dit: “J’ai fait de ton espèce Mes enfants. Je fais maintenant de vos esprits des âmes. Elles se différencient des esprits des autres espèces en ce qu’elles resteront dorénavant les seules à être de nature supérieure, à tendre vers Ma divine perfection. Ainsi, je divise le temps en sept parties, appelées “jours”, afin qu’à chaque septième jour, toi et les tiens vous vous réunissiez pour honorer votre père: Moi.”

“Mais il faudra encore que, chaque jour, toi et les tiens fassiez perdurer votre espèce. A l’exception de celle que Je n’ai pas nommée, J’ai fais de toutes les créatures vos soumises. Ainsi, vous vous en nourrirez, sans qu’elles ne se nourrissent de vous. Ce pouvoir dont vous disposez de vous nourrir des autres espèces, Je le nomme “travail”. Mais le travail sera laborieux, difficile, usant et fatigant, afin que vous n’oubliiez jamais que ce pouvoir est un don de Moi, vous récompensant ainsi de ta bonne réponse, Oane. Mais ne te plaints pas de la souffrance que cela te cause, car, en vérité, c’est un bien beau cadeau que Je te fais.”

“Afin que vous remplaciez par de nouvelles générations celles dont la vie se termine, je vous fais un cadeau bien plus beau encore. Cet amour que J’attend de vous, Je vous permet aussi de l’éprouver également envers vous, en couple. La tendresse et le désir mutuels seront les composantes de ce pur sentiment. La procréation en sera le but. Mais seul l’amour que J’aurai béni pourra permettre l’acte de chair, afin que votre espèce perdure dans Mon amour.”

Alors, Dieu créa deux astres au-dessus du monde. L’un, rayonnant de lumière, fut appelé “soleil”. L’autre, luisant froidement, fut nommé “lune”. Dieu expliqua à Oane: “Que votre fidélité soit celle des enfants envers leurs parents ou je serais aussi sévère que les parents envers leurs enfants. Car, lorsque chacun de vous mourra, Je le jugerai, en fonction de la vie qu’il a mené. Le soleil inondera chaque jour le monde de sa lumière, par preuve d’amour pour Ma création. Ceux, parmi les tiens, que j’y enverrai, vivrons une éternité de bonheur. Mais entre chaque jour, la lune prendra la relève. Et ceux qui, parmi les tiens, y seront jetés n’y connaitront plus que la tourmente.”

Spyosu


Citation :
Book of the Creation
Chapiter VIII - « The decision »



1 All the other creatures were surprised by this decision of God to make the humans His children. They did not understand love and could not conceive that the Most High God should grant such importance to it. They began to whisper among themselves, hoping that one of them could explain to the others this divine choice.

2 However, God turned His voice in the direction of these creatures that had not been able to give Him the answer. He said to them: “You who did not know to answer me, yet who claimed to be My preferred creatures. Your spirits will no more be of the higher things. They will not tend any more towards Me. As you will henceforth be subject to the humans, your nature will consist strictly of the material. I deprive you of the language. You will bleat, moo, growl, neigh, meow or bark until the end of time!”

3 Then, God turned His voice in the direction of the creature who had affirmed the domination of the strong over the weak. He said to him: “Since you are so sure of your choice, I leave you the occasion to prove it. You will preserve your spirit, but your body will be made of shadow. Thus, you will live, alone, among the human ones, until I deliver you of your sorrow. Thus, nobody will see you and nobody will name you, because I decided Myself not to see or name you.”

4 God turned then His voice in direction of Oane and said to him: “I have made your species My children. I now make your spirits of My heart. They are different from the spirits of the other species in that they will henceforth be the only ones to remain of higher nature, tending towards My divine perfection. Thus, I divide time into seven parts, called “days,” so that with each seventh day you will meet to honor your father: Me.”

5 “But it will still be necessary that, each day, you and your kind work to perpetuate your species. Except for that which I did not name, I have made all the creatures subject to you. Thus, you will nurture these others some, without any encouragement from them that you should do so. This capacity you have to nurture yourselves and other species, I name it “work”. However, so that you never forget that this capacity is a gift from Me, thus rewarding you for Oane’s good answer, work will be hard, difficult, abrasive and tiring. Yet do not feel sorrow over the suffering that it causes you, because, in truth, it is a good and beautiful gift which I give you.”

6 “So that you replace, in succeeding generations, those whose life finishes, I give you another gift still more beautiful. This love which I await from you, I also enable you to direct it towards yourselves, in a couple. Mutual tenderness and desire will be the components of this pure feeling, befitting the blend in you of spirit and matter. Procreation will be the goal of it. But only the love that I will have blessed will be able to make permissible this act of the flesh, so that your species continues in My love.”

7 Then, God created two stars above the world. One, radiating light, was called “the sun.” The other, shining coldly, was named “the moon.” God explained to Oane: “See that your fidelity is that of the children towards their parents or I would be as severe as any parent towards its children. Therefore, when each one of you dies, I will judge its spirit, according to the life that it lived. The sun will flood each day the world with its light, proof of My love for My creation. Those among you that I will send to it will live an eternity of happiness. But between each day, the moon will take over. And those among you who will be thrown there will know nothing but torment any more."


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